Le travail des enfants : les chiffres

Le BIT estime à quelque 250 millions les enfants de 5 à 14 ans qui, dans les seuls pays en voie de développement, sont obligés, pour subsister ou aider leur famille à subsister, à exercer une activité économique. Pour 120 millions d’entre eux, il s’agit d’un travail à plein temps. Les autres combinent le travail avec l’école ou d’autres activités non économiques.

Amérique latine et Caraïbes : 17 millions
Afrique : 80 millions
Asie : 153 millions
Océanie : 0,5 millions

Il est à noter que les enquêtes statistiques sous-estiment totalement le travail des filles car elles ne prennent pas en considération les fillettes qui effectuent les travaux ménagers à plein temps au domicile familial pour permettre à leurs parents d’exercer un métier.

Si le travail des enfants n’est pas exempt des pays industrialisés comme le nôtre, c’est essentiellement dans les régions en développement qu’il compte la grande majorité des enfants travailleurs. L’Asie, qui est le continent le plus peuplé compte le plus grand nombre de jeunes travailleurs. 70 % d’entre eux s’y trouvent, contre 32 % en Afrique et 7 % en Amérique latine.

En chiffres relatifs, c’est toutefois l’Afrique qui connaît le taux le plus élevé de travail des enfants, proportionnellement à sa population. D’après les estimations du Bureau International du Travail, on y trouve 41 % de l’ensemble des enfants de 5 à 14 ans, contre 22 % en Asie et 17 % en Amérique latine.

  • Asie

    Plus de 60 % des enfants au travail se trouvent en Asie du Sud (Bangladesh, Inde, Népal, Pakistan et Sri Lanka) et du Sud-Est (Cambodge, Indonésie, Malaisie, Philippines, Thaïlande et Vietnam). Dans des pays comme la Birmanie et la Chine, les restrictions imposées par les gouvernements empêchent d’avoir des statistiques.

    BANGLADESH

    15 millions d’enfants au travail.
    Ils sont nombreux dans l’industrie du vêtement qui est un grand secteur d’exportation.
    On les trouve aussi dans la boulangerie, la restauration et l’hôtellerie, les transports, la fabrication de cigarettes (bidi), les petits ateliers de construction mécanique, le bâtiment, la transformation du poisson et d’autres secteurs informels.

    INDE

    Un travailleur sur quatre est un enfant.
    Ils sont nombreux dans l’industrie du tapis, la fabrication des feux d’artifice et des allumettes, le travail du cuivre, le verre, la confection, la chaussure et la soie.
    On les trouve aussi dans les secteurs agricoles et informels

    NEPAL

    Trois millions d’enfants au travail
    Ils sont nombreux dans l’agriculture et la confection de tapis, un secteur d’exportation important pour le Népal.
    Il s’agit principalement de main-d’œuvre servile.

    PAKISTAN

    Pas de statistiques fiables (entre 2 et … 19 millions d’enfants au travail)
    Ils sont nombreux dans les briqueteries, l’agriculture, les ateliers de tapis, les restaurants, les usines de mobiliers, la confection d’articles de sport et d’instruments chirurgicaux.
    On les trouve aussi comme domestiques où ils sont soumis à des sévices psychiques et corporels.
    Des milliers d’enfants ont été envoyés dans les pays du Golfe pour y devenir Jockey de courses de chameaux.

    PHILIPPINES

    Entre 5 et 6 millions d’enfants entre 10 et 14 ans au travail. Il n’existe pas de statistiques pour les plus jeunes.
    Ils sont nombreux dans l’industrie du vêtement, dans l’agriculture, l’ébénisterie, les mines d’or, l’industrie alimentaire, la chaussure, le plastique, le service à domicile et la pêche. La prostitution est pratiquée à grande échelle.

    THAÏLANDE

    Peu de chiffres. Ce qui est sûr, c’est que le travail des enfants y est très répandu.
    Ils sont nombreux dans les industries d’exportation, comme la confection, la transformation des produits de la mer, la maroquinerie, le bois et le mobilier en rotin, et les pierres précieuses. On estime entre 200 000 et 300 000, le nombre d’enfants amenés par la force à se prostituer. Le problème est encore aggravé par la prolifération des agences et des intermédiaires spécialisés dans le travail et la prostitution des enfants.

  • Amérique latine et Caraïbes

    La mise en œuvre de politiques néo-libérales, ces dernières années, a eu un effet dévastateur sur les classes les plus défavorisées, à mesure que l’activité s’est concentrée entre les mains de grandes entreprises commerciales. De nombreux petits fermiers ont été chassés de leurs terres, souvent à la force du fusil. L’OIT estime que 15 à 20 % des enfants d’Amérique latine travaillent. Ils travaillent à la confection de vêtements et de chaussures, dans une multitude de petites exploitations minières (où les prostituées sont souvent des filles kidnappées), dans l’agro-alimentaire.

    BRESIL

    Quinze pourcents des enfants de 10 à 13 ans travaillent. La plupart sont des gosses des rues qui n’ont plus de foyers ni de parents.
    Ils sont nombreux dans les secteurs du vêtement, de la chaussure, du textile et les mines d’étain, dans l’agro-alimentaire, la pâte à papier, l’artisanat, l’électronique, la maroquinerie et les mines d’or. Des enquêtes sont entreprises dans des secteurs tels que les distilleries, la céramique, les plastiques, l’horlogerie et l’optique.

    CHILI

    Peu de statistiques mais des millions d’enfants Chiliens vivent sous le seuil de pauvreté et constituent un réservoir de main-d’œuvre facilement exploitable pour des employeurs sans scrupules.
    Ils sont nombreux dans les secteurs informels : vendeurs ambulants, ramasseurs de vieux journaux et cartons. Même dans les secteurs formels, ils sont victimes d’inégalités en matière de salaire, de périodes de repos et sont menacés sur les plans physiques et psychiques.

    COLOMBIE

    Officiellement, 800 000 enfants de 12 à 17 ans travailleraient en Colombie. Mais d’autres observateurs avancent le chiffre de quatre millions d’enfants de 12,5 ans d’âge moyen.
    Ils sont nombreux dans la floriculture, les charbonnages, la tannerie, les carrières et les briqueterie et dans le secteur informel tel que domestiques.
    Ils faut ajouter les niños de calle (enfants des rues) qui ne survivent qu’à coups d’expédients et n’ont aucun espoir de survivre.

    REPUBLIQUE DOMINICAINE

    De nombreux enfants ont été importés – souvent de force – de Haïti pour servir de main-d’œuvre dans les champs de cannes à sucre. Pour expliquer ce phénomène, il faut savoir que la situation des enfants en Haïti est particulièrement pénible. 52 % des petits Haïtiens de 2 à 5 ans souffrent de malnutrition. Mais le sort des enfants dominicains n’est pas plus enviable et le gouvernement dominicain a même été accusé d’encourager le travail forcé des enfants dans les plantations de canne à sucre.

    EQUATEUR

    Trois quart de la population vit sous le seuil de pauvreté. Un million d’enfants au travail.
    Ils sont nombreux dans les campagnes où le travail des enfants est considéré comme une formation. De nombreux enfants des rues constituent un problème extrêmement préoccupant.

    PEROU

    Seuls 12% de la population a un véritable emploi. Trois millions six cent mille enfants sont au travail, en majorité dans les zones rurales.
    Ils sont nombreux dans les mines d’or et dans le secteur informel : domestiques, chiffonniers, cireurs de chaussures, laveurs de voitures, mendiants, artistes de rues et porteurs. 80% ont moins de 12 ans.

  • Afrique

    Entre un quart et la moitié des enfants sont au travail. Ils sont nombreux dans l’agriculture, comme domestiques et dans le secteur informel.

    EGYPTE

    15,2 % des enfants de 6 à 11 ans et 20,6 % des 12-14 ans sont au travail.
    Ils sont nombreux dans les ateliers de réparation, les échoppes d’artisans et dans les industries comme les briqueteries, les manufactures de textiles ou encore les tanneries. Ils perçoivent l’équivalent d’un quart à un tiers du salaire d’un travailleur adulte.

    KENYA

    Au Kénya, la main d’œuvre enfantine peut être divisée en deux catégories : la main-d’œuvre familiale non rémunérée et la main d’œuvre non familiale rémunérée.
    Le travail familial concerne près de 90 % des enfants entre 6 et 15 ans et est répandu dans les zones rurales. La main d’œuvre enfantine salariée est concentrée dans le service domestique, les plantations de café, de riz, du sisal, la sylviculture, les chiffonniers et les métiers de la rue (cireurs de chaussures, vendeurs à la sauvette, lavage de voiture, vendeurs de journaux, mendicité et prostitution)

    MAURITANIE

    43% de la population a moins de 15 ans et le taux de chômage y est de 35% au moins.
    L’esclavage se perpétue sous sa forme traditionnelle.

  • Europe, Etats-Unis et Canada

    GRANDE-BRETAGNE

    40% des enfants ont, sous une forme ou sous une autre,  » un métier ou une activité exercée à des fins lucratives « , c’est-à-dire un travail autre aue le baby-sitting, les courses ou d’autres tâches comparables. A Londres, quatre enfants sur cinq qui travaillent le font illégalement, soit parce qu’ils n’ont pas l’âge, soit parce que leur travail ne convient pas pour un enfant. Le nombre des familles à faibles revenus ne cessant d’augmenter, de plus en plus d’enfants se mettent en quête d’un travail, souvent clandestin et illégal.
    La prostitution enfantine est importante pour un pays européen. On estime entre 3000 et 5000 le nombre d’enfants et adolescents qui travaillent dans l’industrie du sexe en Grande-Bretagne.

    ITALIE

    On estime à plusieurs centaines de milliers le nombre d’enfants qui travaillent d’une manière ou d’une autre en Italie. De nombreux enfants font l’école buissonnière pour travailler. La mafia s’intéresse fortement à l’exploitation des enfants.

    PORTUGAL

    Le travail des enfants est en augmentation au Portugal. De plus en plus d’entreprises qui veulent s’assurer une compétitivité sur le plan international y ont recours.

    ESPAGNE

    Près de 400 000 enfants sont actifs. En usines, certains font le même travail que les adultes pour un salaire inférieur de moitié. Beaucoup mènent leurs études de front avec un travail non rémunéré dans l’entreprise familiale.
    L’Espagne a aussi ses enfants des rues, cireurs de chaussures ou vendeurs ambulants.

    ETATS-UNIS ET CANADA

    Le travail des enfants aux Etats-Unis et au Canada a une longue histoire qui remonte à la période coloniale.
    Des enfants travaillent dans des ateliers clandestins, ils livrent des pizzas, lavent des voitures, travaillent dans l’agriculture et l’alimentation rapide. Rien qu’aux Etats-Unis, ils sont un million.

  • Belgique

    Le travail des enfants est une réalité, tant en Belgique que dans le reste du monde. Il n’est pas caché et se fait souvent au vu et au su de tout le monde mais les statistiques sont inexistantes. Des enfants travaillent essentiellement au sein de leur famille, dans les commerces tenus par leurs parents, sur les marchés, dans la distribution des annuaires téléphoniques et les toutes-boîtes ainsi que dans les foires de village. Les parents comptent sur leurs enfants pour les aider. C’est une main d’oeuvre gratuite qui donne un coup de main à la famille. En outre, ils peuvent apprendre le métier familial. Les citoyens bien pensants de notre pays ferment volontiers les yeux sur ces dénis de droits car ils ne connaissent pas la réglementation.

Réglementation du travail des enfants en Belgique

La loi est simple et formelle : le travail des enfants est strictement interdit. Le législateur a pourtant dû constater que, même dans notre pays, des enfants pouvaient être plongés très tôt dans des activités culturelles, artistiques ou publicitaires qui mobilisaient parfois plus que leur simple temps de loisirs. La réglementation du travail des enfants a donc été revue. Il a donc été prévu, à côté du régime général d’interdiction, un régime de dérogations pour un nombre réduit d’activités, assorti de modalités très strictes afin de protéger les enfants.

Des dérogations à l’interdiction générale du travail des enfants sont possibles pour des activités qui rentrent dans le cadre de l’éducation et de la formation des enfants (occupations exercées par l’enfant dans le ménage dont il fait partie, à l’école, dans une organisation de jeunesse, …, même si ces activités ont un caractère productif et ce, sans qu’aucune autorisation préalable ne doive être demandée). Il est en tout cas interdit de faire ou laisser exercer par des enfants une activité qui peut avoir une influence désavantageuse sue le développement pédagogique, intellectuel ou social de l’enfant et qui mette en danger son intégrité physique, psychique ou morale ou qui est préjudiciable à tout aspect de son bien-être.

Certaines activités sont autorisées lorsqu’une dérogation est accordée au préalable. Ainsi la participation d’enfants comme acteurs, figurants, chanteurs, musiciens ou danseurs à des manifestations à caractère culturel, scientifique, éducatif ou artistique, à des prises de vue ou des enregistrements, séances photos publicitaires ou non, à des défilés de mode, est prévue par la loi.

Les conditions de travail sont très strictes. Ainsi la durée maximale des activités ainsi que leurs fréquences, les temps de repos et la répartition sur le nombre de jours de la semaine sont sévèrement réglementés.

La rémunération des enfants n’a pas été oubliée par la loi et des règles spéciales de protection s’appliquent. ces règles sont également d’application lorsque l’argent ou les avantages évaluables en argent sont octroyés au père, à la mère ou au tuteur de l’enfant. La rémunération de l’enfant doit être versée sur un compte d’épargne bloqué, ouvert au nom de l’enfant et seul celui-ci pourra disposer de ce compte d’épargne, et uniquement à sa majorité.

Des renseignements peuvent être obtenu auprès de l’Inspection des lois sociales :

Ministère de l’Emploi et du Travail
Inspection des lois sociales – Brigade centrale
Rue Belliard 51
1040 Bruxelles
02/233.47.54